Au début du XVIe siècle, le château de Montgilbert appartenait à la famille de la Baume de Montrevel. C’est à la suite du mariage de Gaspard de Saulx de Tavannes et de Françoise de la Baume, en 1527, que le château revint en dot à la famille de Saulx de Tavannes.
Gaspard de Saulx est célèbre pour une carrière militaire qui l’a conduit à combattre en Italie aux côtés de François Ier, puis contre les protestants, sous les règnes d’Henri II et de Charles IX. Grâce à ce dernier, il obtint la reconnaissance suprême en accédant au titre de maréchal de France en 1570.

Portrait : Gaspard de Saulx de Tavannes, dessin crayonné dans le style des Clouet (source : http://cnum.cnam.fr/SYN/PFOLME3.html)
Gaspard de Saulx a vraisemblablement très peu résidé à Montgilbert. Ses héritiers directs firent le même choix, préférant leurs terres bourguignonnes ou la cour du roi. On peut toutefois trouver la trace d’une présence une peu plus suivie à partir du milieu du XVIIe siècle.
En 1664, ce fut par exemple la naissance au Mayet-de-Montagne d’Eléonor, la fille de Jean de Saulx de Tavannes ( ?-1665), le petit-fils de Gaspard.
Au début du XVIIIe siècle, l’arrière petit-fils de Gaspard, Jean de Saulx de Tavannes (1646-1717), maria deux de ses filles, Louise Eleonor et Marie Henriette, sur ses terres bourbonnaises. Il semble qu’il soit lui-même décédé à Montgilbert le 14 novembre 1717.
À la génération suivante, on trouve Nicolas de Saulx de Tavannes (1677- ?), mousquetaire, puis, lieutenant aux gardes françaises. Si ses fonctions l’ont sans doute tenu éloigné de Montgilbert, on sait que ses enfants y ont passé une partie de leur jeunesse : en 1729, à respectivement 12 et 10 ans, Pierre et Virginie sont ainsi désignés pour être le parrain et la marraine de la fille d’un menuisier du village Gentil (un des hameaux les plus proches du château, sur la paroisse du Mayet). Ce fut par le mariage –toujours au Mayet- d’une autre fille de Nicolas que le château quitta la famille. Il revint en dot à Jean-Baptiste des Bravards d’Eyssat, comte du Prat, lors de son union avec Marie Anne Horace de Saulx de Tavannes, en 1743.
Les enfants de ce couple furent les derniers occupants du château. L’aîné, Jean-Louis des Bravards d’Eyssat fut le premier maire du Mayet-de-Montagne au moment de la création des communes sous la Révolution. À la suite de l’émigration de son frère, Etienne Marie, il fut suspecté et transféré à Paris où il fut guillotiné le 28 avril 1794.
Entre temps, le château avait été vendu comme bien national et ne semble plus avoir été habité. Sa ruine s’en trouva accélérée…
Photo : Château de Montgilbert - Porte d'accès à la cour haute (octobre 2009)

Photo : Château de Montgilbert - Tour de la chapelle (octobre 2009)

Photo : Château de Montgilbert - Tour du Belvédère (octobre 2009)

Photo : Château de Montgilbert - Tour du diable rouge (octobre 2009)

Plan : Château de Montgilbert (source : téléchargeable sur le site de l'association de sauvegarde et de mise en valeur de Montgilbert : lien)

Arbre : généalogie simplifiée de la famille de Saulx de Tavannes. Seuls les rameaux ayant hérités des terres bourbonnaises ont été représentés, soit six générations, de Gaspard de Saulx de Tavannes à Marie Anne Horace de Saulx de Tavannes. Le fils de cette dernière, Jean-Louis des Bravards d'Eyssat, a été le dernier occupant du château.
Sources :
Sur l'histoire de Montgilbert :
- site de l'association de sauvegarde et de mise en valeur de Montgibert.
- émission de radio consacrée au château de Montgilbert : canalacadémie.com
Aucune référence toutefois sur les archives qui ont été utilisées pour reconstituer l'histoire du château et de ses propriétaires.
Sur la généalogie de la famille Saulx Tavannes :
Registres paroissiaux du Mayet-de-Montagne (voir aussi l'article consacré à la famille Gentil sur ce blog)



















